Les femmes et l'engagement de l'Unesco

de 1947 à 2002

ali hamadache - décembre 20005

 

SOMMAIRE

A. EMERGENCE DE L'ENGAGEMENT DE L'UNESCO

AA. La conférence générale et l'action en faveur des femmes
AB. Réunions importantes et leurs recommandation
AC. Instruments normatifs :conventions et recommandations

B. POLITIQUES ET STRATEGIES AU NIVEAU INTERNATIONAL

BA. Action normative: déclarations et conventions
BB. Evènements marquants
BC. Recommandations et plans d'action des réunions internationales
C. PROGRAMME D'ACTION DE L'UNESCO

CA. Stratégies et approches
CB. Les programmes
CC. L'action opérationnelle
CD. La formation
D. COOPERATION INTERNATIONALE

DA. Articulation avec les actions des Nations Unies et des OIG
DB. Coopération avec les ONG
DC. Coopération avec les commissions nationales pour l'Unesco
DD. Etudes et recherches
DE. Information du public

E. PLACE DES FEMMES DANS LES ACTIVITES DE L'UNESCO

EA. Bourses et formation
EB. Participation aux réunions
EC. Présence des femmes à l'Unesco

Encadrés

- Encadré 1.1. : Principales résolutions de la Conférence générale de l'Unesco
- Encadré 1.2 : Programme pour 2004-2005
- Encadré 2.1 : Recommandations et résolutions spécifiques de l'Unesco faisant référence aux femmes
- Encadré 2.2 : déclarations et conventions des Nations Unies
- Encadré 2.3. : Les objectifs stratégiques fondamentaux la Décennie des Nations-Unies pour les l'éducation des filles
- Encadré 2. 4.: Programme d'action de l'Unesco pour l'égalité des genres (présentée par le Directeur général à la conférence de Beijing, 1995)
- Encadré 3.1. : Les projets spéciaux de l'Unesco
- Encadré 3.2 : Le droit à l'éducation : article 26 de la Déclaration des droits de l'homme
- Encadré 3.3. : Déclaration mondiale sur l'enseignement supérieur pour le XXIème siècle – Vision et action
- Encadré 3.4. : Déclaration sur la science et l'utilisation du savoir scientifique, paragraphe 42

La lutte des femmes pour leurs droits a commencé il y a de nombreux siècles. Depuis longtemps. elles ont essayé d'obtenir l'égalité des droits et des possibilités avec les hommes dans une société qui a toujours été essentiellement masculine. Mais c'est surtout le XIXème siècle qui a été particulièrement marqué par une montée de l'activisme féminin. L'accès à l'éducation à tous les niveaux était la grande conquête des féministes. La création d'établissements secondaires pour les filles, de même niveau que ceux des garçons, a été un des points de départ et l'accès des jeunes filles à l'enseignement supérieur a donné à la promotion des femmes une portée irréversible.
D'abord centrée sur
l'amélioration de l'accès des filles et des femmes à l'éducation, l'action de l'Unesco s'est sont de plus en lus diversifiée, s'attachant à inclure progressivement d'autres priorités dans ses activités. Les activités récentes de l'Unesco relatives à la condition de la femme se concentrent essentiellement sur la promotion de l'égalité des sexes en matière d'éducation, dans la vie sociale et culturelle, dans le domaine de la communication.

Étant donné le mandat de l'Organisation, la communauté internationale et en particulier le système des Nations Unies attendent de l'UNESCO qu'elle joue un rôle de premier plan dans la promotion et l'affirmation des droits des femmes et, de façon plus large, des droits liés au genre, dans le cadre de son action dans le domaine de l'éducation, des sciences naturelles, sociales et humaines, de la culture et de la communication.


A. EMERGENCE DE L'ENGAGEMENT DE L'UNESCO

           AA. La conférence générale et l'action en faveur des femmes

 

Encadré 1.1. : Principales résolutions de la Conférence générale de l'Unesco

- 28 C Rés., 1.13 : élimination des stéréotypes discriminatoires à !'encontre des femmes;
-
28 C Rés., 4.7: plates-formes d'action
de Toronto et de Beijing relatives aux femmes et aux médias;
-
28 C Rés., 5.15 : contribution des fem
mes à la culture de la paix;
-
28 C Rés., 5.16: contribution de l'
Unesco à l'amélioration de la condition des femmes;
- 28 C Rés., 20.5: révision des textes fondamentaux de l'Unesco en vue de l'élimination de tout langage sexiste et de l'utilisation d'une terminologie et de libellés neutres;
-
29 C Rés., 49:
résolution relative à la nécessité de données statistiques et d'indicateurs "reflétant les sexospécifités"


Les premières conférences générales de l'Unesco étaient assez timides quant aux droits des femmes. C'est ainsi que la 2ème session (Mexico, 1947) se contente de demander au Directeur général de "faire des enquêtes sur les possibilités d'éducation des femmes", notamment en collaborant avec la commission de la condition de la femme du conseil économique et social (par. 3.18). La réunion d'experts sur l'éducation de base (Paris, 1947) évoque (sans plus) par ailleurs la question de "l'éducation féminine dans les pays peu développés". Les deux conférences suivantes recommanderont également la poursuite les "études sur l'accès des femmes à l'éducation" (1948, par. 2.73 et 1949, par. 1.113). La Conférence générale de 1958 (Paris, 10ème session) marque un tournant, dans la mesure où l'on passe des études aux mesures "nécessaires pour la formation et le statut professionnel en vue d'assurer progressivement aux femmes la place qu'elles doivent normalement occuper dans la direction et l'exécution des programmes d'éducation extrascolaire des jeunes et des adultes" (Rés. 1.6.), précisant que ces programmes "doivent répondre aux besoins spécifiques de femmes" (Rés. 1.52.). Mais on reste toujours dans le seul domaine de l'éducation et il faudra attendre 1970, non seulement pour passer des mesures aux moyens pratiques, mais de diversifier les domaines d'application pour "assurer l'égalité d'accès à l'éducation, la science et la culture" (Rés. 1.111.). Cette diversification ira en s'enrichissant de conférence en conférence, pour couvrir tous les domaines de compétence de l'Organisation. Ceci est reflété dans toutes les résolutions des années 90 et 2000, qu'elles soient spécifiques ou qu'elles relèvent du thème transversal sur les femmes, jusque dans le programme 2004-2005 (encadré 1.2).

Encadré 1.2 : programme pour 2004-2005

- soutenir l'action menée par les Etats membres pour garantir 'le droit à l'éducation, en particulier aux filles, pour offrir à tous' l'égalité des chances dans l'enseignement primaire et secondaire, ….;
- promouvoir l'apprentissage tout au long de la vie par l'alphabétisation et l'éducation non formelle, en particulier celles des femmes et des filles, …..
- s'employer à ce que les femmes et les filles participent pleinement à tous les aspects de la science et de la technologie, notamment en encourageant les réseaux de femmes chercheurs et ingénieurs;
-
promouvoir la participation active des femmes dans le domaine de la science et de la technologie, et faire en sorte que la parité hommes/femmes soit prise en considération dans la conception des politiques nationales en matière de science et de technologie;
- accroître la contribution de l'Unesco à la promotion de l'égalité des sexes et des droits
fondamentaux des femmes dans les Etats membres, notamment par l'échange de connaissances, la recherche et l'analyse des problèmes et des structures socio-économiques, conformément aux objectifs stratégiques énoncés dans le Programme d'action de Beijing et à la ConventIon sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes;
-
promouvoir les droits de l'homme et à lutter contre toutes les formes de discrimination
- favoriser le développement de l'artisanat et de la création en contribuant à faire reconnaître
par les Etats membres combien c'est important pour, notamment, les stratégies d'autonomisation des femmes…

          
AB.
Réunions importantes et leurs recommandations

Nombreux sont les recommandations et les documents consacrés à la promotion des droits des femmes élaborés lors des différentes réunions et conférences organisées par l'Unesco. Les travaux préparatoires et les débats qui ont lieu avant, pendant et après ces réunions ainsi que d'autres activités ont permis de renforcer ces dispositions.

Les conférences mondiales sur l'éducation des adultes de Montréal (1960), Tokyo (1972) et Paris (1985) ont toutes recommande "d'assurer la participation des femmes aux programmes et activités d'éducation des adultes" et de "mettre en œuvre des programmes spécifiques pour les femmes". A la conférence de Hambourg (1997) la Déclaration de Hambourg sur l'éducation des adultes a, à propos de l'intégration et l'autonomisation des femmes, recommandé que "les femmes aient le droit à l'égalité des chances; de son côté, la société a besoin qu'elles jouent pleinement leur rôle dans tous les domaines, que ce soit au travail ou dans la vie en général. Les politiques d'éducation des jeunes et des adultes doivent être sensibles aux cultures locales et conférer la priorité à l'élargissement des possibilités d'éducation à toutes les femmes, tout en respectant leur différence et en éliminant les préjugés et les stéréotypes qui réduisent à la fois leurs chances d'accès à l'éducation des jeunes et des adultes et les bienfaits qu'elles en retirent" (point 13). La conférence a en outre, consacré un thème spécifique à l"Education des femmes : conceptions divergentes et possibilités de changement" organisé une table ronde sur "Education des adultes: égalité et autonomisation des femmes" dont les débats sont reflétés dans deux publications de l'IUE.

La Conférence mondiale sur les politiques culturelles (Mexico, 1982) a recommandé "d'offrir aux femmes la possibilité de participer .. au développement culturel …" (Recom. 32, -d-).
La Déclaration de Jomtien, adoptée par la Conférence mondiale sur l'éducation pour tous (1990), a souligné la nécessité de "supprimer les disparités entre les sexes en matière d'accès à l'éducation", déclarant que "l'éducation pour les filles et les femmes représentait la priorité la plus urgente" et … invitant … "à lever les obstacles qui entravent leur participation active aux programmes éducatifs".
Au Forum mondial sur l'éducation (Dakar, 2000), cet objectif a été réaffirmé avec des buts précis: éliminer les disparités entre les sexes dans l'enseignement primaire et secondaire d'ici 2005 et instaurer l'égalité dans ce domaine en 2015 en veillant notamment à assurer aux filles un accès équitable et sans restriction à l'éducation de base de qualité avec les mêmes chances de réussite"
En 1993, la Conférence panafricaine sur l'éducation des filles, organisée dans le cadre du programme "priorité Afrique", adopte la Déclaration et le Programme d'action de Ouagadougou sur l'éducation des filles.
La stratégie mondiale relative aux  femmes et à l'enseignement supérieur, préparée pour la conférence mondiale sur l'enseignement supérieur (1998) a mis en lumière les stratégies susceptibles d'aider les Etats membres dans leurs efforts pour "renforcer le rôle des femmes dans l'enseignement supérieur"; cette conférence a par ailleurs adopté la
Déclaration mondiale sur l'enseignement supérieur pour le XXIème siècle – Vision et action qui vise à "
Renforcer la participation et promouvoir le rôle des femmes" (article 4).

AC. Instruments normatifs :conventions et recommandations

Bien que le principe de non-discrimination des femmes soit clairement exprimé dans tous les instruments des Nations Unies sur les droits de la personne humaine, des instruments spécialement consacrés aux droits des femmes ont été adoptés afin d'assurer une vraie égalité.

Encadré 2.1 : Recommandations et résolutions
spécifiques de l'Unesco faisant référence aux femmes

Convention concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l'enseignement (1960);
Recommandation concernant la condition du personnel enseignant (1966);
Recommandation concernant la condition des chercheurs scientifiques (1974)
Recommandation sur le développement de l'éducation des adultes (1976);
Recommandation concernant la participation et la contribution des masses populaires à la vie culturelle (1976);
Recommandation relative à la condition de l'artiste (1980);
Convention sur l'enseignement technique et professionnel (1989);
Déclaration mondiale sur l'enseignement supérieur pour le XXIème siècle – Vision et action (1998)
Recommandation révisée concernant l'enseignement technique et professionnel (2001).


Le préambule et l'article 1 de l'Acte constitutif de l'Unesco proposent de "Contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l'éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, afin d'assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion,…."
La Convention et la Recommandation contre la discrimination dans le domaine de l'enseignement (1960) stipulent que: "le terme "discrimination" comprend toute distinction, exclusion, limitation ou préférence qui, fondée sur la race, la couleur, le sexe, a pour objet ou pour effet de détruire ou d'altérer l'égalité de traitement en matière d'enseignement et, notamment, d'écarter une personne ou un groupe de l'accès aux divers types ou degrés d'enseignement..."
La Recommandation concernant la condition du personnel enseignant (adoptée par la Conférence intergouvernementale spéciale sur la condition du personnel enseignant en 1966) contient, bien qu'elle concerne les deux sexes, des dispositions spéciales destinées à prévenir toute forme de discrimination (para. 7. 54 à 58, 102 et 103).
La Convention sur l'enseignement technique et professionnel (1989) et la Recommandation révisée concernant l'enseignement technique et professionnel (2001) contiennent des dispositions spécifiques appelant l'attention sur la nécessité d'entreprendre des actions appropriées pour assurer aux jeunes filles et aux femmes des chances égales dans l'enseignement technique et professionnel.
La Recommandation sur le développement de l'éducation des adultes (1976) vise
les adultes des deux sexes mais elle souligne la nécessité de "veiller à ce que les
femmes ne soient pas tenues à l'écart des actions d'éducation des adultes. y compris celles préparant à des qualifications débouchant sur des activités ou des responsabilités qui ont été jusqu'ici réservées aux hommes".
La Recommandation concernant la condition des chercheurs scientifiques (1974) prie les Etats membres de faire en sorte que "tous leurs ressortissants , sans distinction de race, de couleur, de sexe, …. jouissent de la même possibilité d'acquérir un éducation et une formation initiales les rendant aptes à la recherche scientifique …. et la même possibilité d'accès aux emplois existants dans la recherche scientifique" (par. 11, alinéa –a-).
La Recommandation concernant la participation et la contribution des masses populaires à la vie culturelle (1976) garantit le "libre accès aux cultures nationales et mondiales de tous les membres de la société, sans distinction ni discrimination fondée sur la race, la couleur, le sexe … et d'accorder une attention particulière à l'accès de plein droit des femmes à la culture ainsi que leur participation effective à la vie culturelle" (par. 4, alinéa –c-).

 

 

B. POLITIQUES ET STRATEGIES AU NIVEAU INTERNATIONAL

           BA. Action normative: déclarations et conventions

L'éducation pour tous a été reconnue comme un droit de I'homme fondamental dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, dont l'article 26 affirme que« toute personne a droit à l'éducation" et proclamant, que "la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes" (préambule), sans distinction aucune, "notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique … " (article 2).

Encadré 2.2 : déclarations et conventions des Nations Unies

Déclaration universelle des droits de l'homme (1948, Nations Unies);
Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui (1949);
Convention de l'OIT (N°100) consacrant l'égalité de rémunération entre la main-d'œuvre masculine et la main-d'œuvre féminine pour un travail de valeur égale (1951);
Convention sur les droits politiques de la ,femme (1953);
Déclaration de Mexico sur l'égalité des femmes et leur contribution au développement et à la paix (1975)

Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (1979);
Convention de l'OIT (N°156) Concernant l'égalité de chances et de traitement pour les travailleurs des deux sexes: travailleurs ayant des responsabilités familiales (1981).
Déclaration sur la participation des femmes à la promotion de la paix et de la coopération internationale (1982)
Déclaration sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes (1989)


La Convention concernant les droits politiques des femmes (1953) a pour objectif principal d'assurer "l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui concerne les droits politiques", notamment …. "le droit de vote dans toutes les élections", … "l'éligibilité à tous les organismes publiquement élus", … "le droit d'occuper tous les postes publics et d'exercer toutes les fonctions publiques établies en vertu de la législation nationale".
La Déclaration sur l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (1979) stipule que la discrimination contre les femmes est fondamentalement injuste et
constitue une atteinte à la dignité humaine. Elle fait appel, d'une part. à l'abolition des lois, coutumes, règles et pratiques existantes qui sont discriminatoires à l'égard des femmes et, d'autre part, à la protection appropriée des droits égaux pour les femmes par l'incorporation du principe d'égalité dans les constitutions et dans la législation. La Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (1979) constitue l'instrument obligatoire le plus complet. qui ne se limite pas à confirmer les normes déjà formulées, définissant "la discrimination à
l'encontre des femmes" comme: "toute distinction, exclusion ou restriction fondée sur le sexe qui a pour effet ou pour but de compromettre ou de détruire la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice par les femmes, quel que soit leur état matrimonial, sur la base de l'égalité de l'homme et de la femme, des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans les domaines politique, économique, social, culturel et civil ou dans tout autre domaine".
La Recommandation générale n° 12 (1989) du Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes peut être considérée comme le point de départ de l'élaboration de la Déclaration sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes dans la vie quotidienne (y compris la violence sexuelle, les abus au sein de la famille, le harcèlement sexuel au travail, etc.), ainsi que des informations concernant les mesures adoptées afin d'éradiquer ces violences. La Conférence mondiale sur les droits de l'homme (Vienne, 1993) a, en outre,  souligné l'importance d'œuvrer en vue de l'élimination de la violence à l'égard des femmes dans la vie publique et privée et en vue de l'élimination de toutes formes de harcèlement sexuel.
L'Unesco a contribué largement aux efforts de 1a communauté internationale en vue de mettre en oeuvre la Convention sur l'é1imination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (1979), notamment en participant aux travaux du Comité sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes qui a été constitué pour suivre l'application de la Convention et du groupe de travail sur les formes contemporaines de l'esclavage (sous-commission des droits de l'home de Genève).

           BB. Evènements marquants

En 1946, le Conseil économique et social avait institué la Commission de la condition de la femme afin d'élaborer des recommandations et des rapports concernant la promotion des droits des femmes, ainsi que des recommandations visant à obtenir que les hommes et les femmes puissent avoir les mêmes droits. La même année, la Division de la promotion de la femme (DAW) fut créée auprès du Secrétariat des Nations Unies, afin de parvenir à une amélioration du statut des femmes dans le monde et d'accéder à la réalisation effective de l'égalité entre les femmes et les hommes.
En 1972, l'Assemblée
générale a proclamé l'année 1975 : Année internationale de la femme, déclarant que le premier des objectifs est: "... de promou
voir l'égalité entre les hommes et le femmes".
En conformité avec les propositions formulées par la Conférence de Mexico, l'Assemblée générale a proclamé la Décennie des Nations Unies pour la femme: Égalité, développement et paix (1976-1985).

Encadré 2. 3. : Les objectifs stratégiques fondamentaux
la Décennie des Nations-Unies pour les l'éducation des filles

- mettre un terme à l'écart entre hommes et femmes en matière de fréquentation et de survie scolaire;
- mettre un terme aux déséquilibres de genre dans les systèmes éducatifs;
- aider à l'éducation des filles dans la situation de crise, de conflit ou post-conflit, de catastrophes naturelles;
- éliminer les discriminations sociales et culturelles qui limitent la demande d'éducation des fille
.


Les Nations Unies ont également lancé l'initiative pour l'éducation des filles (UNGEl), visant à "éliminer des systèmes éducatifs (définis au sens large comme incluant les politiques et les pratiques dans les approches éducatives conventionnelles et non formelles, ainsi qu'un large éventail de partenaires) toute discrimination et disparité entre les sexes... ".
Plus récemment, les Nations Unies ont institué le
Millénaire pour le développement (2005) dont les objectifs visent, entre autres, à:
-
donner à tous les enfants, garçons et filles, les moyens d'achever un cycle complet d'études primaires;
-
promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes;
-
éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d'ici à 2005, si possible, et à tous les niveaux de l'enseignement en 2015, au plus tard

           BC. Recommandations et plans d'action des réunions internationales

De Mexico à Beijing, les grandes conférences des Nations unies ont contribué à sortir les femmes de l'invisibilité. Les femmes ont besoin des lois pour défendre leurs droits, et des institutions pour les faire appliquer. De nombreuses réunions aux niveaux international et régional, sur les droits de l'homme, la population, l'environnement, le développement économique et social, etc. ont réaffirmé et étendu les dispositions relatives à l'égalité entre les sexes que les Etats s'étaient déjà engagés à respecter dans les conventions sur les droits de l'homme.

La deuxième Conférence mondiale sur les femmes (Copenhague, 1980) a adopté un Programme d'action destiné à promouvoir les trois objectifs de la Décennie. La troisième Conférence mondiale sur les femmes chargée d'examiner et d'évaluer les résultats de la Décennie des Nations Unies, tenue à Nairobi en 1985, a clôturé la Décennie et a, en outre, adopté les stratégies prospectives d'action de Nairobi pour la promotion de la femme basées sur le fait qu'une contribution essentielle au renforcement de la paix et de la sécurité internationales serait apportée par l'élimination de toutes les formes d'inégalités entre les hommes et les femmes. Quant à la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes (Beijing, 1995), dont le thème principal était: "la lutte pour l'égalité, le développement et la paix". sa plate-forme était entièrement marquée par l'attention portée à l'éducation, notamment au problème essentiel de l'éducation des fillettes. La Conférence a adopté également un Programme d'action visant à accélérer la mise en œuvre des stratégies prospectives d'action de Nairobi et à faire disparaître tous les obstacles à une participation active et égale des femmes dans la prise de décision dans les domaines économique, social, culturel et politique.

Encadré 2. 4.: Programme d'action de l'Unesco pour l'égalité des genres
(présentée par le Directeur général à la conférence de Beijing, 1995)

- Promouvoir une éducation visant à l'autonomisation des femmes à tous les niveaux et dans tous les domaines;
- Favoriser l'égalité d'accès à la connaissance dans tous les domaines, en particulier scientifiques et technologiques;
- Défendre les droits des femmes, en appliquant la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes
(CEDAW) et tous autres instruments normatifs appropriés, et en mettant en œuvre une "alphabétisation juridique" des femmes et des filles;
-
Promouvoir la parité des sexes, la pleine citoyenneté des femmes et leur égale participation aux prises de décision, ainsi que l'élimination des rôles stéréotypés et des préjugés:
- Encourager le partenariat et le dialogue et créer un nouveau contrat social fondé sur !'équité entre les genres, en insistant sur les avantages à long terme d'une société respectueuse de cette équité (par exemple dans la lutte contre la pauvreté et l'exclusion);
- Intégrer une généralisation de l'analyse selon le genre au stade de la conception, de la mise en œuvre et de l'évaluation des politiques adoptées dans le domaine du développement, de la paix et de la sécurité;
-
Recueillir et analyser des données statistiques ventilées par sexe et mettre au point des indicateurs et des principes directeurs pour aider les Etats membres à surveiller les progrès accomplis sur la voie de l'équité entre les genres;
-
Encourager la créativité et la liberté d'expression des femmes en soutenant leurs activités culturelles, la recherche, la formation, le renforcement des capacités, la création de réseaux, l'échange d'information et les ONG féminines;
-
Soutenir les médias pluralistes et indépendants en favorisant une participation large et active des femmes et en encourageant les représentations non discriminatoires et diversifiées de celles-ci;
-
Contribuer à !'édification d'une culture de la paix dans les esprits des hommes et des femmes en reconnaissant l'aptitude des femmes à la direction et au règlement non violent des conflits
.

 

 

C. PROGRAMME D'ACTION DE L'UNESCO

CA. Stratégies et approches

Le deuxième Plan à moyen terme (1984-1989) a intégré dans un grand programme (programme XIV, "la condition féminine"), unique programme initié dans le cadre des Nations Unies, les différentes activités spécifiques relatives aux femmes. Ses objectifs n'ont été que partiellement atteints, pour des raisons de restrictions budgétaires certes, mais aussi pour des motifs tenant à l'évolution lente des sociétés et des mentalités dans ce domaine.
Une unité de coordination entre les différents programmes et avec les autres agences de la coopération internationale (PNUD, FNUAP? ONUDI, UNHCR, OCDE, UNICEF, Conseil de l'Europe), a été créée en 1984, afin d'intégrer la dimension féminine dans l'ensemble des programmes et activités. Deux autres points focaux ont été créés en 1999 (les femmes et la culture de la paix) et en 2001 (promotion de la condition de la femme en Méditerranée).
Bien qu'il soit encore prématuré de parler d"une réelle intégration de la problématique du genre dans toutes les activités de l'UNESCO, les points focaux sur le genre ont fourni leur concours aux secteurs de programme, avec un succès varié. Cet effort s'est traduit par une présence accrue des femmes et, en termes de contenu, par l'introduction des questions relatives au genre. Une telle participation féminine a été obtenue, du moins pour partie, en suggérant au Directeur général de demander explicitement dans les lettres d'invitation officielles envoyées aux États membres d'inclure des femmes dans les délégations. Les États membres ont peu répondu à cette initiative. Par exemple, à la Conférence mondiale sur l'enseignement supérieur, les participantes ne formaient qu'un cinquième des délégués.
Dams le troisième Plan à moyen terme (1990-1995), l'action de l'Organisation en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes dans les différents programmes comportait notamment les objectifs concernant la formation scientifique et technique, la participation à la vie culturelle, la diffusion de la littérature, la communication au service du développement, le changement social, la dimension humaine du développement, la défense des droits de l'homme, la lutte contre l'apartheid, l'alphabétisation, la gestion des ressources naturelles et la protection de l'environnement, la violence à l'égard des femmes, la répartition des rôles ente les sexes et l'évolution des fonctions au sein de la famille, etc.
Sur les douze domaines critiques définis dans le Programme d'action de Beijing, la Conférence générale, faisant des femmes l'un des groupes prioritaires de la Stratégie à moyen terme 1996-2001 de l'Organisation, en retient cinq comme particulièrement importants pour l'Organisation (résolution 28/C, 5.16):
-
l'égalité d'accès à l'éducation pour les femmes et les filles;
-
la contribution des femmes à la paix;
- l'accès des femmes aux médias et leur image dans les médias;
- la contribution des femmes à la gestion d
es ressources naturelles et à la protection de l'environnement;
-
l'accès à l'éducation et à l'alphabétisation de la petite fille.

En vue de la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d'action de Beijing, la Conférence générale adopte une triple stratégie pour renforcer l'action en faveur de l'égalité des genres. Les trois axes de cette stratégie sont:
- s
ystématiser la prise en compte du genre dans toutes les activités de planification, de programmation, de mise en œuvre et d'évaluation;
- promouvoir la participation des femmes à tous les niveaux et dans tous les domaines d'activité;
- concevoir des programmes et activités spécifiques en faveur des filles et des femmes, qui promeuvent l'égalité, le renforcement des capacités endogènes et la pleine citoyenneté
.

Encadré 3.1. : Les projets spéciaux de l'Unesco

- Promotion de l'éducation des filles et des femmes en Afrique;
- Formation scientifique, technique et professionnelle des jeunes filles en Afrique;
-
Les femmes, l'enseignement supérieur et le développement;
-
Les femmes, la science et la technologie;
- Les femmes, l'approvisionnement en
 eau et l'utilisation des ressources en eau;
- Les femmes parlent aux femmes : radios communautaires dans les PMA;
-
Les femmes au service de la paix civile;
- L'
'autonomisation des femmes: programmes de développement communautaires en zone rurale;
-
Les femmes et la culture de la paix en Afrique

   
       
CB. Les programmes

L'Unesco s'est attachée depuis ses débuts à promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes en œuvrant dans ses domaines de compétence. Ses premiers efforts concernaient des programmes d'alphabétisation et d'éducation à l'intention des femmes et des filles. L'élaboration de principes directeurs et de services de consultation à destination des États membres, afin de les aider à vaincre la discrimination fondée sur le sexe, a dans un second temps requis toute l'attention de l'Organisation.

Encadré 3.2 : Le droit à l'éducation : article 26 de la Déclaration des droits de l'homme

- Toute personne a droit à l'éducation…..
- L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé….. 
- L'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction du mérite….


Combattre la terminologie sexiste, qui reflète et en même temps renforce les stéréotypes sexuels et les attitudes discriminatoires. est une des tâches de l'Unesco depuis plusieurs années, tant dans ses programmes que dans ses procédures administratives. Des ateliers de formation ont ainsi été organisés dans le domaine de l'éducation et des outils didactiques ont été mis au point à l'intention des gouvernements, des écoles et d'autres institutions.
Dans l'enseignement supérieur, les femmes sont souvent minoritaires, voire absentes de certains cursus. Les mathématiques, les études scientifiques et les études techniques de haut niveau sont les domaines où les étudiantes demeurent en général sous-représentées. De ce fait, elles sont peu présentes dans le secteur technologique de l'emploi.
Par différents moyens, l'Unesco s'est efforcé d'encourager les Etats membres à informer les femmes de leurs droits et à définir des stratégies appropriées leur permettant d'avoir accès à toutes les filières de l'enseignement supérieur (recherches coopératives, formation et impression de matériel pédagogique de niveau universitaire, bourses, échanges de professeurs, priorité à la sélection de candidates pour les réunions d'experts, consultations pour l'Unesco comme pour les Etats membres).

Encadré 3.3. : Déclaration mondiale sur l'enseignement
supérieur pour le XXIème siècle – Vision et action

Article 4 : « Renforcer la participation et promouvoir le rôle des femmes;
a) Bien que des progrès notables aient été réalisés concernant l'accès des femmes à l'enseignement supérieur, divers obstacles socio-économiques, culturels et politiques continuent d'empêcher leur plein accès et leur intégration effective dans de nombreuses régions du monde. Les surmonter demeure une priorité urgente dans le processus de rénovation pour assurer la mise en place d'un système équitable et non discriminatoire d'enseignement supérieur fondé sur le principe du mérite;
b) Il faut poursuivre les efforts pour éliminer tous les stéréotypes liés au genre dans l'enseignement supérieur, prendre en considération les aspects relatifs au genre dans les différentes disciplines, renforcer la participation des femmes à tous les niveaux et dans toutes les disciplines dans lesquelles elles sont sous-représentées et, en particulier, renforcer leur participation active à la prise de décision;
c) Il faut promouvoir les études sur la situation des femmes en tant que branche du savoir d'une importance stratégique pour la transformation de l'enseignement supérieur et de la société;
d) Il faut travailler à éliminer les obstacles politiques et sociaux qui sont à l'origine de la sous-représentation des femmes et, en particulier, à renforcer l'intervention active de ces dernières dans les instances politiques et de décision, dans l'en
seignement supérieur et dans la société.
".
(Conférence mondiale sur l'enseignement supérieur, Paris, 1998)


Sept chaires de l'Unesco ainsi que des réseaux universitaires (tels que Women in higher education management, le réseau ACU/UNITWIN de gestion de l'enseignement supérieur, le réseau UNECO/OUI sur les femmes et le développement), consacrés au genre, ont été créés ou renforcés entre 1996 et 1998.

Axé sur l'Afrique, un projet  spécial de six ans pour la formation scientifique, technique et professionnelle des jeunes filles en Afrique, a été lancé pendant l'exercice biennal 1996/97 avec pour objectif de réduire les disparités entre les sexes dans ces domaines. La FEMSA a permis de déterminer les matières scientifiques qui présentent le plus d'intérêt pour les filles (par exemple, les questions d'environnement ou l'énergie solaire). Un soutien est apporté à des activités telles que les camps scientifiques pour les filles.
Dans le cadre du projet spécial "les femmes, la science et la technologie", six forums régionaux ont été organisés en 1998-1999 en Afrique, Europe, Amérique latine, Asie-Pacifique, Méditerranée et pays arabes.
Forum de l'Afrique sur "les femmes, la science et la technologie" (Ouagadougou, 1998);
Forum sur le thème "femmes, science et technologie en Amérique latine : diagnostic et stratégies (Bariloche, Argentine, 1998);
Forum "femmes , et genre en science et technologie dans la région Asie – Pacifique" (Sydney, 1998);
Forum femmes, science et biotechnologies : quel avenir pour la Méditerranée? (Turin, 1999);
Forum "femmes arabes, science et technologies" (Abu Dahbi, 1999).

Tenant compte des résultats des six forums régionaux sur les femmes et la science parrainés par l'Unesco, la Conférence mondiale sur la science (1999) a adopté un cadre d'action qui souligne que "les gouvernements, les établissements d'enseignement, les communautés scientifiques, les organisations non gouvernementales et la société civile devraient faire des efforts particuliers pour veiller à ce que les jeunes filles et les femmes participent pleinement à tous les aspects de la science et de la technologie et, à cet effet:
- promouvoir; au sein du système éducatif; l'accès des jeunes filles et des femmes à l'enseignement scientifique à tous les niveaux;
-
améliorer les conditions de recrutement, de maintien en poste et d'avancement dans tous les domaines de la recherche;
- lancer; en collaboration avec l'Unesco et l'UNIFEM, des campagnes nationales, régionales et mondiales, visant à faire prendre conscience de la contribution appropriée par les femmes à la science et à la technologie, afin d'éliminer les stéréotypes sexospécifiques des scientifiques, des décideurs et de la société dans son ensemble à l'égard des femmes;
- entreprendre des recherches, s'appuyant sur fa collecte et l'analyse de données ventilées par sexe, qui illustrent les obstacles qui s'opposent au développement du rôle des femmes dans le domaine des sciences et de la technologie ainsi que les progrès réalisés en la matière;
-
suivre la mise en œuvre des meilleures pratiques et des enseignements tirés des évaluations et appréciations d'impact et en rendre compte;
-
veiller à œ que les femmes soient représentées comme il convient dans les organes et instances chargés de l'élaboration des politiques et de la prise des décisions aux niveaux national, régional et international
- créer un réseau international de femmes scientifiques;
- continuer de mettre en évidence fa contribution des femmes dans le domaine des sciences et de la technologie.
Pour soutenir ces initiatives, les gouvernements devraient créer des mécanismes appropriés
là où il n'en existe pas encore, afin de proposer l'introduction des changements d'orientation nécessaires à la réalisation de ces objectifs et de veiller à leur mise en œuvre".

Encadré 3.4. : Déclaration sur la science et l'utilisation du savoir scientifique, paragraphe 42

" …L'égalité d'accès à la science ne répond pas seulement à un impératif social et éthique du développement humain, elle est aussi indispensable si l'on veut exploiter pleinement le potentiel des communautés scientifiques dans le monde entier et faire tendre le progrès scientifique vers la satisfaction des besoins de l'humanité. Il faudrait s'efforcer de remédier d'urgence aux difficultés rencontrées par les femmes, qui représentent plus de la moitié de la population mondiale, pour accéder aux carrières scientifiques, les poursuivre, y obtenir de l'avancement et participer à la prise de décisions relatives à la science et à la technologie"….
(Conférence mondiale sur la science , Budapest, 1999)


L'utilisation et la gestion par les femmes des ressources naturelles non renou1'elables. en particulier l'eau, est une autre question centrale, pour laquelle l'Unesco a mené avec succès un certain nombre d"activités au titre du projet spécial lancé en ce sens.

Les nouvelles technologies de la communication étant de plus en plus présentes dans tous les secteurs de l'activité humaine, le projet spécial de radios communautaires les femmes parlent aux femmes  a été lancé en 1996 pour répondre aux besoins de communication spécifiques des femmes, en particulier dans leur lutte contre la pauvreté et la marginalisation. Il met sur pied des stations radiophoniques locales entièrement opérationnelles, conçues pour les femmes et gérées par des femmes. Ces radios permettent en même temps de former des femmes journalistes.
L'initiative Les  femmes font la une
répond à un des objectifs stratégiques du Programme d'action de Beijing qui est d'accroître 1'accès et la participation des femmes à la prise de décision dans le cadre et par l'intermédiaire des médias et des nouvelles technologies de la communication.

L'UNESCO a publié, en 1992, un ouvrage consacré à "La participation des femmes à la vie culturelle et artistique" qui rassemble une sélection des études consacrées par l'UNESCO à .ce thème depuis une dizaine d'années et a fait apparaître que les femmes sont -encore loin de pouvoir exercer librement leurs droits en matière culturelle et artistique et permet aussi de suivre les efforts de l'UNESCO en faveur de la dimension féminine du développement culturel.

L'inégalité des genres, toujours de règle dans le domaine scientifique, a été explicitement reconnue dans la Déclaration sur la science et l'utilisation du savoir scientifique. Le suivi des recommandations de cette Conférence a été confié au programme de l'Unesco sur les sciences, et doit être assuré en collaboration avec l'UNIFEM, la TWAWS, le CIUS et d'autres partenaires.

L'Organisation a développé des efforts pour étendre ses activités relatives à la lutte contre le SIDA. Ainsi, le projet, "Orientation et conseils pour les filles d'âge scolaire en Afrique", est un programme qui forme des formateurs pour venir en aide aux filles confrontées à des problèmes tels que le VIH/sida, l'abus des drogues et la grossesse.

L'Unesco a ainsi été, dans les années quatre vingt, parmi les premières organisations à s'attaquer aux problèmes complexes de la prostitution et de la traite des femmes et des filles, de l'image des femmes dans les médias, de l'élimination des stéréotypes sexistes dans les manuels scolaires, de la violence dans les médias, etc. Le travail accompli sur ces questions a souvent fait figure de véritable œuvre pionnière.
L'Unesco a mis en place plusieurs programmes pour renforcer, à tous les niveaux, sur le plan politique, notamment dans le processus de consolidation de la paix. Il faut signaler aussi le projet "Villes, environnement et relations entre les genres", mis en œuvre en Amérique latine, en Afrique occidentale et en Europe orientale, concernant l'environnement au sein des villes de moyenne importance et ses effets sur les relations sociales, le programme Linguapax pour encourager la participation des femmes, le programme de l'éducation des filles et des femmes en Afrique, qui concerne 25 pays et est cofinancé par l'Agence danoise de développement international (DANIDA) et la Finlande, et qui associe, outre les commissions nationales, l'Unicef, le FNUAP, les Etats Unis d'Amérique et la fondation Rockfeller ainsi que l'ISESCO, le programme les femmes et la culture de la paix, le programme sur la promotion de la femme en Méditerranée, entre autres.
Le programme Les femmes et la culture de la paix, lancé en 1996, a été conçu comme un forum donnant la parole aux femmes et leur permettant de discuter des moyens d'instaurer et de maintenir la paix dans leurs sociétés. Il s'est donné trois grandes priorités:
- 1.) soutenir les initiatives des femmes en faveur de la paix;
- 2.) ouvrir aux femmes la participation démocratique aux processus politiques afin d'accroître leurs capacités et leur influence, en particulier sur les problèmes économiques et de sécurité;
- 3.) promouvoir une socialisation respectueuse de l'équité entre les genres et une formation à la non-violence et à un partenariat égalitaire, spécialement chez les garçons et les jeunes hommes. Des dirigeantes, des députées, des chercheuses et des représentantes d'organisations communautaires féminines s'ex- priment au sein de ce programme dans le cadre de différentes activités: séminaires de formation, publications, réalisation de cassettes vidéo et de films mais aussi tenue de grandes réunions comme la Conférence panafricaine des femmes
sur la culture de la paix accueillie à Zanzibar en 1999.
Cependant, une évaluation faite en 1994 pour la période 1988-1993 mettait en lumière les disfonctionnements suivants:
. les contraintes budgétaires faisaient obstacle à la recherche sur le genre;
. il existait peu de coopération intersectorielle concernant les activités en faveur des femmes (il n'y avait pas, par exemple, de projet intersectoriel visant à aider les femmes à s'occuper des problèmes de protection de l'environnement, malgré les importantes activités menées dans ce domaine par plusieurs secteurs) ;
. les personnes affectées aux " points focaux" étaient toutes des femmes, sans formation spécifique ou presque à la problématique du genre, peu influentes et: assurant généralement cette fonction en pus d'autres activités professionnelles;
. la collaboration avec les Commissions nationales était faible;
. la documentation, les publications, etc., sur les femmes et la problématique genre étaient insuffisantes

           CC. L'action opérationnelle

De nombreuses activités opérationnelles, souvent financés par des crédits extrabudgétaires, ont concerné la scolarisation des filles, l'alphabétisation des femmes, la santé, l'alimentation et la nutrition, la participation des femmes au développement, éducation civique, élaboration du matériel de postalphabétisation pour les femmes nouvellement alphabétisées, formation du personnel d'alphabétisation, activités génératrices de revenus, éducation à distance (radio notamment) pour les femmes des zones rurales éloignées, technologies éducatives. Divers projets régionaux ont concerné la formation des femmes en matière d'économie familiale et sociale, la direction des projets éducatifs liés au développement communautaire, l'amélioration de la santé et de la nutrition, la vulgarisation des connaissances au profit des femmes rurales.

           CD. La formation

Organisation de séminaires régionaux sur l'élimination de stéréotypes des manuels scolaires et des livres pour enfants, de formation d'animatrices rurales. Ateliers de formation aux métiers de la communication, à la gestion des entreprises de presse, aux activités de la radio rurale, sur le renforcement des organisations et coopératives de femmes, sur les problèmes ruraux (maintenance des pompes, système d'irrigation, hygiène

 
D. COOPERATION INTERNATIONALE

DA. Articulation avec les actions des Nations Unies et des OIG

De nombreuses agences des Nations-Unies et des organisations intergouvernementales, internationales et régionales, ont commandité des études, des évaluations et des enquêtes qui ont joué un rôle majeur en documentant l'expérience acquise en matière d'éducation des filles. Ces institutions ont été souvent à l'origine d'informations sur des programmes novateurs, sur les méthodes qui donnent de bons résultats et sur les leçons apprises, ou bien ont accordé leur soutien à ces initiatives. L'exemple e plus significatif de coopération entre les agences des Nations Unies est constitué par la Conférence mondiale sur l'éducation pour tous (1990) et le Forum mondial sur l'éducation (Dakar, 2000), qui ont été organisés conjointement par l'Unesco, la Banque mondiale, l'Unicef, le PNUD, le FNUAP
La Banque mondiale a fait de l'éducation des filles une priorité institutionnelle, notamment en ce qui concerne la détermination de la nature des obstacles auxquels se heurte la scolarisation des filles et la détermination de politiques adéquates, se concentrant sur 31 pays où les disparités entre les sexes sont importantes en matière d'éducation des femmes et des filles.
L'Agence canadienne de développement international (ACDI), en partenariat avec l'UNICEF, a accordé entre 1994 et 1996 10 millions de dollars des États-Unis à quinze pays de l'Afrique subsaharienne, du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord pour soutenir l'éducation des filles. Un accord similaire a été conclu avec la Norvège, dans le cadre de l'initiative pour l'éducation des filles en Afrique (AGEI), en Afrique subsaharienne.
L'agence pour le développement international des Etats-Unis (USAID) apporte, depuis 1981, un soutien à des programmes d'éducation des filles dans 17 pays d'Afrique, d'Asie du sud-est, d'Amérique du sud et d'Amérique centrale.
Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP)  soutient l'éducation de base, en particulier l'éducation des filles, dans le contexte général du Programme d'action de .la Conférence internationale sur la population et le développement, et de ses objectifs, en particulier en contribuant à l'amélioration de la qualité de l'éducation de base par l'introduction de programmes d'études plus pertinents (liés aux questions de population et de développement) et en favorisant des réformes de ces programmes et, par suite, la réduction des taux de fécondité, de morbidité et de mortalité ainsi que l'autonomisation des femmes. Le Programme d'action vise:
(a) à réaliser l'accès universel à une éducation de qualité, une priorité particulière étant accordée à l'enseignement primaire et technique et à la formation professionnelle, à lutter contre l'analphabétisme et à éliminer les disparités entre les sexes en ce qui concerne l'accès à l'éducation, la rétention dans le système éducatif et le soutien accordé;
(b) à promouvoir l'éducation non formelle pour les jeunes, en garantissant l'égalité d'accès aux centres d'alphabétisation pour les femmes et pour les hommes;
(c) à améliorer la teneur des programmes d'études pour promouvoir une responsabilité accrue et une sensibilisation aux interrelations entre population et développement durable, aux questions sanitaires, y compris l'hygiène de la reproduction et la parité des sexes » (Nations Unies, 1995).

Le Programme mondial pour l'éducation des filles du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), en coopération avec l'ACDI (1994-1996) est un programme plurinational (L'éducation des filles: un cadre d'action) en faveur de l'éducation des filles qui vise à ce qu'une éducation équitable et de qualité soit dispensée à tous dans plus de soixante pays et &